La commission Énergie a réuni de juin 2006 à septembre 2007 les différents acteurs et partenaires concernés dans le domaine énergétique (plus de 80 membres parmi lesquels : élus, partenaires sociaux, administrations nationales et européennes, opérateurs du secteur de l’énergie, industriels, experts, associations de consommateurs, organismes de recherche,...). Le rapport se conclut (chapitre 7) par une liste de recommandations pour la politique française de l’énergie tant au plan national qu’au plan communautaire. Le Rapport final comprend notamment un document annexe ainsi que des rapports sectoriels remis par les groupes de travail constitués à cette occasion. Ces rapports concernent:

1- Les enseignements du passé en matière de prospective énergétique, notamment du point de vue des effets des prix et des politiques publiques, ainsi que des comportements des consommateurs : sous la présidence de Michèle PAPPALARDO.

2- Les perspectives offre/demande dans le monde et leurs conséquences géopolitiques (« peak oil », réserves en sources d’énergie renouvelables ou non,...) : sous la présidence d’Olivier APPERT.

3- Les évolutions technologiques dans les domaines du nucléaire, de l’éolien, du solaire, du charbon propre, de l’habitat..., avec un échéancier de mise en oeuvre et les coûts associés : sous la présidence d’Alain BUGAT.

4- Les orientations européennes à prendre en compte par la France dans l’Union européenne : sous la présidence d’André MERLIN.

5- Les scénarios énergétiques : leur modélisation sous la présidence de Thierry CHAMBOLLE.

Plusieurs enseignements ressortent de ces travaux :

  • Une politique de l’énergie nouvelle, par son ampleur et sa pérennité, est indispensable pour réduire aussi rapidement que possible les émissions de gaz carbonique liées à la satisfaction des besoins énergétiques ;
  • La France doit convaincre l’Union européenne d’adopter une politique très volontariste de réduction des émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2050, sur la base d’un partage équitable entre les Etats membres des efforts à consentir, et de faire partager sa stratégie aux différents pays développés ;
  • II est impératif d’engager, sans délai et avec détermination, des actions dans tous les secteurs afin de se placer vers 2020 sur une trajectoire vertueuse pour faire face aux différents scénarios à long terme (2050 et au-delà). De plus cet effort doit être poursuivi de manière durable dans le temps ;
  • Dans le même temps, compte tenu de la rareté de l’argent public, il convient de repenser l’arbitrage des dépenses publiques en privilégiant le soutien aux actions de R&D plutôt que le soutien aux actions immédiates d’utilisation rationnelle de l’énergie ;
  • A l’horizon 2020, c’est essentiellement grâce à une politique vigoureuse de maîtrise de l’énergie et à une offre d’énergie continuant d’émettre peu de gaz à effet de serre (nucléaire, énergies renouvelables ...) que l’on pourra se placer sur une trajectoire vertueuse ;
  • Une telle politique de réduction ne pourra réussir que dans la mesure où les collectivités territoriales seront pleinement associées et responsabilisées ;
  • Enfin, cette politique volontariste de réduction des émissions de gaz à effet de serre en France ne sera couronnée de succès qu’à raison de l’adhésion et de la participation de citoyens qui devront accepter de changer leurs comportements, notamment dans le domaine des transports et de l’urbanisme.

Pour plus d'informations vous pouvez utilement vous reporter sur le site du CENTRE d'ANALYSE STRATEGIQUE.